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Le sureau : Quand la tradition rencontre la modernité – médecines traditionnelle et moderne pour la grippe et le rhume

Le sureau, dont la variété la plus courante à des fins médicales s’appelle Sambucus nigra, est très répandu en Europe et en Amérique du Nord [1]. Les herboristes l’utilisent depuis très longtemps comme remède contre la grippe et le rhume. Comme nous allons l’expliquer, l’intérêt du sureau dans ce cadre est confirmé par un nombre considérable et croissant d’études cliniques modernes sur des sujets humains.

Les composés bioactifs du sureau sont des polyphénols et des anthocyanines. En comparaison avec la plupart des fruits, ces composés sont disponibles en quantités largement supérieures dans le sureau. Les fruits, les feuilles, et les fleurs du sureau regorgent tous de ces composés. Les études ont démontré qu’ils sont facilement absorbés et que l’on peut facilement détecter leurs métabolites dans l’urine après consommation de préparations variées à base de sureau [1][2][3].

Le sureau est également apprécié pour sa valeur nutritionnelle. C’est une source non négligeable de quatre acides organiques et de plusieurs minéraux (potassium, calcium, magnésium, fer, et manganèse), et il contient également des quantités importantes de vitamine C ainsi que d’alpha- et de gamma-tocophérols (vitamine E) [1]. Le sureau regorge en outre de fibres, dont certaines procurent des bienfaits fonctionnels notables. Les fibres que l’on trouve dans le sureau incluent des pectines, de l’acide pectique, des protopectines, du pectate de calcium, et de la cellulose. Le sureau contient également un spectre impressionant d’acides aminés, dont neuf acides aminés essentiels. Les acides aminés prépondérants étant l’acide glutamique, l’acide aspartique, et l’alanine. Ces importants composés nutritionnels sont largement présents dans toutes les parties de la plante, y compris les baies, les fleurs, et les feuilles et tiges. Enfin, les graines de sureau sont riches en acides gras polyinsaturés [1].

Preuves cliniques

L’utilisation du sureau la plus étudiée concerne la prévention et le traitement du rhume et de la grippe, surtout lorsque ceux-ci sont d’origine virale (influenza). Une méta-analyse consiste à regrouper des données issues de multiples essais humains et à les combiner mathématiquement comme s’il s’agissait d’une seule étude de grand ampleur. Une méta-analyse récente sur l’utilisation du sureau pour la grippe et le rhume a abouti à la conclusion suivante [4] :

« La supplémentation en sureau a entraîné une réduction visible des symptômes des voies respiratoires supérieures. Ces constatations permettent d’envisager une alternative à l’utilisation abusive d’antibiotiques pour les symptômes des voies respiratoires supérieures causés par des infections virales et une alternative potentiellement plus sûre que les médicaments d’ordonnance pour les cas routiniers de rhume et de grippe. »

Dans une étude spécifique évaluant le sureau pour la grippe et le rhume, du sureau ou un placebo ont été administrés à 312 passagers aériens en classe économique sur des vols reliant l’Australie à d’autres destinations [8]. Les participants avaient consommé du sureau ou un placebo pendant 10 jours avant le voyage et pendant quatre à cinq jours après être arrivés à destination. Les participants ayant reçu un placebo ont eu des symptômes grippaux pendant 117 jours. En comparaison, les participants ayant reçu du sureau ont eu des symptômes pendant 57 jours. Le score total de gravité des symptômes était de 583 pour le groupe placebo et de 247 pour le groupe sureau. Le sureau a permis de réduire le nombre total de rhumes de 30 % (12 contre 17) ; toutefois, ce résultat n’a pas été considéré comme statistiquement significatif.

Dans une autre étude, 60 participants qui avaient des symptômes caractéristiques de la grippe depuis moins de 48 heures ont été traités avec du sureau ou un placebo pendant cinq jours [6]. En moyenne, les symptômes se sont améliorés quatre jours plus tôt chez les participants auxquels on avait administré du sureau, en comparaison avec ceux ayant reçu un placebo. La nécessité de recourir à d’autres médicaments pendant la durée de l’infection avait nettement baissé chez les personnes traitées au sureau. Voici ce qu’en conclurent les auteurs :

« L’extrait de sureau semble être un traitement efficace, sécuritaire, et peu coûteux pour la grippe. »

Une troisième étude a évalué des personnes diagnostiquées positives à la grippe B pendant une épidémie en 1993 au Panama [7]. Pendant la phase active de l’infection et suite à l’infection, les chercheurs ont analysé les prélèvements sanguins afin d’examiner la production d’anticorps contre le virus. Chez les personnes ayant été traitées au sureau, la production d’anticorps était nettement supérieure à celle des personnes ayant reçu un placebo. La résolution totale de l’infection n’a pris que deux à trois jours pour 90 % des personnes ayant pris du sureau ! En comparaison, la résolution totale de l’infection a pris six jours pour les personnes ayant pris un placebo.

Compte tenu du profil nutritionnel du sureau et de sa forte teneur en composés antioxydants, il n’est pas étonnant qu’il suscite également un intérêt pour produire des résultats métaboliques et cognitifs. Nilsson et ses collaborateurs ont administré une boisson à base de baies contenant du sureau à 40 participants en bonne santé âgés de 50 à 70 ans pendant cinq semaines, et ont comparé les résultats avec une boisson de contrôle [5]. Les résultats mesurés portaient sur les fonctions cognitives et les facteurs de risques cardiovasculaires. La boisson à base de baies avait été associée à une baisse significative du cholestérol total et du LDL. La boisson à base de baies n’a eu aucun impact sur le contrôle de la glycémie, tandis que la boisson de contrôle avait fait augmenter le glucose plasmatique, avec une tendance à faire augmenter l’insuline en circulation. La boisson à base de baies a également été associée à une amélioration des résultats des participants au Test de la Mémoire de Travail pour évaluer leurs fonctions cognitives.

Discussion

De plus en plus de remèdes médicinaux naturels dont l’usage traditionnel remonte à très loin sont aujourd’hui validés par des essais cliniques modernes. Il est fascinant de se dire qu’il y a des centaines, parfois des milliers d’années, des guérisseurs traditionnels ont déduit qu’une plante ou une substance spécifique est adaptée à un problème particulier, et que l’on peut effectivement confirmer par le biais de méthodes scientifiques rigoureuses ce même effet connu depuis la nuit des temps. Nous sommes réellement fascinés par ces plantes et ces substances, et nous considérons qu’elles comptent parmi les outils les plus importants dont nous disposons en tant que soignants ayant opté pour une approche intégrative. Des centaines, voire des milliers d’années d’utilisation sans danger, validées par les méthodes rigoureuses de la science moderne : à quoi d’autre pourrait-on se fier pour trouver une meilleure solution de traitement ? Pour ne citer que quelques-uns de nos remèdes préférés répondant à ces critères, il y a notamment le gattilier pour les problèmes liés au cycle menstruel ; l’ashwagandha pour le stress, l’anxiété, et la fatigue ; et l’huile de nigelle pour tout un éventail de problèmes incluant les allergies, le diabète, le cholestérol, et les problèmes de tension artérielle.

Le sureau est un remède très apprécié depuis des centaines d’années pour la grippe et le rhume. Il était alors utilisé avec le savoir avisé que la plante entière procure des bienfaits importants. Bien qu’on puisse utiliser ses parties individuellement (fleurs, baies, feuilles, tiges), les jus ou les sirops préparés avec la plante entière ont également prouvé leur capacité à produire des résultats importants. La sûreté du sureau ne fait aucun doute, et avec son agréable goût fruité, il n’est pas étonnant qu’il soit prisé pour une utilisation auprès des enfants.

Références

1.         Młynarczyk, K., D. Walkowiak-Tomczak, et G.P. Łysiak. « Bioactive properties of Sambucus nigra L. as a functional ingredient for food and pharmaceutical industry. » Journal of Functional Foods, Vol. 40 (2018): 377–390.

2.         Bitsch, I., et autres. « Bioavailability of anthocyanidin-3‑glycosides following consumption of elderberry extract and blackcurrant juice. » International Journal of Clinical Pharmacology and Therapeutics, Vol. 42, No. 5 (2004): 293–300.

3.         Frank, T., et autres. « Absorption and excretion of elderberry (Sambucus nigra L.) anthocyanins in healthy humans. » Methods and Findings in Experimental and Clinical Pharmacology, Vol. 29, No. 8 (2007): 525–533.

4.         Hawkins, J., et autres. « Black elderberry (Sambucus nigra) supplementation effectively treats upper respiratory symptoms: A meta-analysis of randomized, controlled clinical trials. » Complementary Therapies in Medicine, Vol. 42 (2019): 361–365.

5.         Tiralongo, E., S.S. Wee, et R.A. Lea. « Elderberry supplementation reduces cold duration and symptoms in air-travellers: A randomized, double-blind placebo-controlled clinical trial. » Nutrients, Vol. 8, No. 4 (2016): 182.

6.         Zakay-Rones, Z., et autres. « Randomized study of the efficacy and safety of oral elderberry extract in the treatment of influenza A and B virus infections. » The Journal of International Medical Research, Vol. 32, No. 2): 132–140.

7.         Zakay-Rones, Z., et autres. « Inhibition of several strains of influenza virus in vitro and reduction of symptoms by an elderberry extract (Sambucus nigra L.) during an outbreak of influenza B Panama. » Journal of Alternative and Complementary Medicine, Vol. 1, No. 4 (1995): 361–369.

8.         Nilsson, A., et autres. « Effects of a mixed berry beverage on cognitive functions and cardiometabolic risk markers; A randomized cross-over study in healthy older adults. » PLoS One, Vol. 12, No. 11 (2017): e0188173.