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L’acide alpha-lipoïque

L’acide alpha-lipoïque (AAL) est un acide soufré et un antioxydant qui peut être absorbé via l’alimentation, ou produit de façon endogène par l’organisme [1]. On l’associe à des effets métaboliques et neuroprotecteurs spécifiques [1][2]. L’AAL est utilisé contre les neuropathies, le diabète, et le syndrome métabolique, et contre d’autres troubles affectant le cerveau et le système nerveux. Une revue systématique de 2019 révèle que l’AAL fait également l’objet d’études portant sur diverses affections neurologiques, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la maladie d’Alzheimer, avec des résultats prometteurs [3].

Propriétés

En tant qu’antioxydant, on a pu démontrer in vivo que l’AAL améliore la capacité antioxydante cellulaire et l’action des enzymes de détoxification de phase 2 telles que la catalase, le glutathion réduit, le glutathion réductase, et le glutathion S-transférase [4]. L’AAL est aussi un cofacteur de l’activité des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules [1]. Il améliore la signalisation de l’insuline au niveau cellulaire et augmente l’assimilation du glucose [1], grâce à quoi il améliore le contrôle glycémique, le taux de cholestérol, et certains marqueurs inflammatoires. Ces mécanismes sont sans doute en relation avec les effets de l’AAL sur le système nerveux et sur le métabolisme. L’AAL semble également pouvoir prévenir l’accumulation excessive de cuivre et de fer ainsi que les lésions tissulaires, et avoir la capacité à chélater le mercure [1].

Diabète

Une méta-analyse, parue en 2018, de 24 essais randomisés contrôlés portant sur des patients atteints de maladies métaboliques telles que le diabète et le syndrome métabolique a révélé qu’une supplémentation en l’AAL était associée à une diminution significative de plusieurs paramètres [2], parmi lesquels la glycémie à jeun, l’insulinémie, l’évaluation du modèle d’homéostasie de la résistance à l’insuline (HOMA-IR), l’hémoglobine A1c (environ 1,2 point de diminution, une variation considérable, puisque le taux d’HbA1c est optimal en dessous de 6 %), les triglycérides, et le cholestérol LDL (lipoprotéines de basse densité) [2]. Une autre méta-analyse due aux mêmes chercheurs a montré qu’une supplémentation en AAL réduisait aussi, chez les patients atteints de maladies métaboliques, les marqueurs inflammatoires tels que les protéines C-réactives (CRP), l’interleukine-6, et le facteur alpha de nécrose tumorale (TNF-α) [4].

Outre ses effets contre le diabète, l’AAL s’est révélé actif chez les patients atteints de syndromes métaboliques tels que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) [5][6]. Dans celui-ci, le taux élevé d’insuline contribue au déséquilibre hormonal, entrainant une mauvaise ovulation et la stérilité. Une supplémentation en AAL ches des femmes atteintes du SOPK a permis d’améliorer la sensibilité à l’insuline, la glycémie, et l’indice de masse corporelle (IMC) [5] ; utilisé en combinaison avec l’inositol, un autre sensibilisateur à l’insuline, l’AAL aide à réguler les cycles menstruels et les hormones féminines [6].

Neuropathies

En plus d’améliorer le contrôle de la glycémie et la résistance à l’insuline, la prise d’AAL permet de limiter les neuropathies diabétiques. Ce type de neuropathie provoque une altération sensitive, des douleurs et des picotements dans les mains et les pieds, en lien, le plus souvent, avec un diabète ancien ou non contrôlé. Un essai randomisé portant sur 24 patients atteints d’un diabète de type 2 et d’une neuropathie a révélé qu’une supplémentation de 600 mg d’AAL trois fois par jour pendant trois semaines avait entrainé une réduction significative de la douleur et des limitations par rapport à un placébo [7].

Un essai plus récent portant sur 460 patients diabétiques prenant chaque jour 600 mg d’AAL ou un placébo a révélé que, bien qu’il n’y ait pas de différence dans le critère d’évaluation combinée, on observait un soulagement significatif, par rapport au placébo, des symptômes concernant les membres inférieurs et la faiblesse musculaire [8]. En outre, davantage de patients recevant de l’AAL montraient une amélioration clinique significative ; et moins d’entre eux voyaient leur neuropathie progresser (évaluée par l’Indice d’incapacité neuropathique (NIS)) [8].

Une étude s’est également révélée prometteuse pour les patients atteints de neuropathie autonome cardiaque, une forme de trouble nerveux entraînant une irrégularité du rythme cardiaque [1]. Une autre étude a montré que la supplémentation en AAL pouvait également protéger contre les dommages causés par la rétinopathie diabétique, un processus pathologique affectant la vision et pouvant entraîner la cécité [1]. Compte tenu des effets de l’AAL sur ce type de lésion diabétique des organes terminaux, il pourrait être intéressant de l’utiliser pour traiter d’autres complications diabétiques, notamment les lésions rénales.

Maladies neurodégénératives

L’ALA a été testé chez des patients atteints de sclérose en plaques (SP) [9]. Dans une étude, 24 patients atteints de SP cyclique ont reçu 1200 mg d’AAL ou un placébo chaque jour pendant 12 semaines [9]. Les chercheurs ont constaté que, tandis que 2 des 12 patients du groupe placébo présentaient une dégradation de leur état, ce n’était le cas d’aucun des patients recevant de l’AAL [9]. Une autre étude réalisée par la même équipe a démontré qu’une supplémentation en AAL chez des patients atteints de SP permettait de réduire le taux de cytokines inflammatoires, y compris INF-γ, ICAM-1, TGF-β, et IL-4 [10]. Des recherches complémentaires seraient nécessaires dans ce domaine.

Conclusion

L’acide alpha-lipoïque a divers effets métaboliques et antioxydants, notamment pour la production énergétique mitochondriale, l’augmentation de l’activité du glutathion, l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, ainsi que des effets anti-inflammatoires et neuroprotecteurs. L’AAL peut se révéler bénéfique contre le diabète, les neuropathies et autres complications diabétiques, le SOPK, et les maladies neurodégénératives. Il est conseillé aux patients diabétiques de consulter un praticien de soins de santé agréé avant d’en faire usage.

Références

  1. Higden, J. Lipoic acid. Linus Pauling Institute. Micronutrient Information Center. · https://lpi.oregonstate.edu/mic/dietary-factors/lipoic-acid · Updated 2019‑01. · Accessed 2019-01-31.
  2. Akbari, M., et autres. « The effects of alpha-lipoic acid supplementation on glucose control and lipid profiles among patients with metabolic diseases: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. » Metabolism, Vol. 87 (2018): 56–69.
  3. de Sousa, C.N.S., et autres. « alpha-Lipoic acid in the treatment of psychiatric and neurological disorders: A systematic review. » Metabolic brain disease, Vol. 34, N° 1 (2019): 39–52.
  4. Akbari, M., et autres. « The effects of alpha-lipoic acid supplementation on inflammatory markers among patients with metabolic syndrome and related disorders: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. » Nutrition & metabolism, Vol. 15 (2018): 39.
  5. Genazzani, A.D., et autres. « Modulatory effects of alpha-lipoic acid (ALA) administration on insulin sensitivity in obese PCOS patients. » Journal of endocrinological investigation, Vol. 41, N° 5 (2018): 583–590.
  6. De Cicco, S., et autres. « Myoinositol combined with alpha-lipoic acid may improve the clinical and endocrine features of polycystic ovary syndrome through an insulin-independent action. » Gynecological endocrinology, Vol. 33, N° 9 (2017): 698–701.
  7. Ruhnau, K.J., et autres. « Effects of 3‑week oral treatment with the antioxidant thioctic acid (alpha-lipoic acid) in symptomatic diabetic polyneuropathy. » Diabetic medicine, Vol. 16, N° 12 (1999): 1040–1043.
  8. Ziegler, D., et autres. « Efficacy and safety of antioxidant treatment with α‑lipoic acid over 4 years in diabetic polyneuropathy: The NATHAN 1 trial. » Diabetes care, Vol. 34, N° 9 (2011): 2054–2060.
  9. Khalili, M., et autres. « Effect of alpha-lipoic acid on asymmetric dimethylarginine and disability in multiple sclerosis patients: A randomized clinical trial. » Electronic physician, Vol. 9, N° 7 (2017): 4899–4905.
  10. Khalili, M., et autres. « Does lipoic acid consumption affect the cytokine profile in multiple sclerosis patients: a double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial. » Neuroimmunomodulation, Vol. 21, N° 6 (2014): 291–296.