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La feuille de framboisier : un préparateur de partus

La feuille de framboisier (Rubus idaeus) est traditionnellement utilisée comme un préparateur de partus, c’est-à-dire, pour la préparation d’un accouchement. On recommande généralement de l’utiliser pendant le troisième trimestre de la grossesse pour tonifier, renforcer, et préparer l’utérus au travail et à l’accouchement. La feuille de framboisier contient un composé appelé fragarine qui tonifie les muscles lisses et, plus particulièrement, l’utérus. La feuille de framboisier contient également des tanins et des flavonoïdes comme de la quercétine ainsi que des nutriments incluant du zinc, du magnésium, de la vitamine C, et des tocophérols [1].

Usage traditionnel

Dans le King’s American Dispensatory, un texte des années 1890 sur l’utilisation traditionnelle de plantes en médecine, la tisane de framboisier était présentée comme un tonique utérin efficace, avec des applications en cas de prolapsus utérin (peut être alors combinée avec de l’actée à grappes noires et de la racine de mûrier) ou de fibromes utérins, mais aussi pour l’accouchement [2][3]. « Il est dit que les feuilles framboisier augmenteraient l’activité des contractions utérines pendant l’accouchement lorsque celles-ci sont faibles, même dans les cas où l’ergot n’y serait pas parvenu, et qu’elles seraient utiles pour les douleurs postpartum » [4]. Les textes traditionnels mentionnent également d’autres applications, comme pour les dysménorrhées (menstruations douloureuses) ou pour remédier aux nausées et aux vomissements associés à la grossesse, ainsi qu’aux nausées et à la diarrhée en général [5].

La feuille de framboisier peut être utilisée au cours du troisième trimestre qui mène à l’accouchement ainsi que pendant l’accouchement. Elle pourrait non seulement faciliter et accélérer l’accouchement, mais aussi assister l’involution utérine postpartum lorsque l’utérus retrouve sa taille et sa fermeté normales. Aussi, elle pourrait contribuer à prévenir les hémorragies postpartum. La feuille de framboisier pourrait également être utile pour la lactation, en soutenant la production de lait maternel [6].

Recherche clinique

Un essai randomisé en double aveugle et contrôlé contre placebo a évalué les effets de comprimés de feuilles de framboisier (2,4 g/j) sur le travail et l’accouchement [7]. Les comprimés de feuilles de framboisier ont été administrés, de 32 semaines de gestation jusqu’à l’accouchement, à un total de 192 femmes nullipares à faible risque. La feuille de framboisier n’a été associée à aucun effet négatif pour la mère ou le bébé, mais elle n’a pas raccourci la première phase du travail (dilatation du col). Une réduction notable, bien que modérée, du temps de travail a été observée pendant la deuxième phase du travail (accouchement du bébé) (différence moyenne = 9,59 min) ; ainsi qu’un taux réduit d’accouchements par forceps dans le groupe de traitement par rapport au groupe de contrôle (19,3 % contre 30,4 %). Les auteurs ont suggéré que des doses plus élevées pourraient potentiellement produire des effets plus conséquents.

Parallèlement, une étude rétrospective par observation menée par la même équipe suggère que la consommation de feuilles de framboisier en fin de gestation est sans danger et qu’elle est associée à des bienfaits pour l’accouchement. L’étude portant sur 108 mères, dont 57 ayant consommé des feuilles de framboisier et 51 n’en ayant pas consommé, a abouti à la conclusion que les feuilles de framboisier étaient associées à une « baisse de la probabilité d’une naissance avant et après le terme » [8]. Il a également été noté que « les femmes ayant ingéré des feuilles de framboisier pourraient être moins susceptibles de subir une rupture artificielle des membranes ou d’avoir un accouchement par césarienne, par forceps, ou assisté par une ventouse obstétricale que dans le groupe de contrôle » [9].

En même temps, on a constaté dans une étude préclinique que l’exposition du muscle utérin de rates en gestation à des préparations de feuilles de framboisier disponibles sur le marché avait eu « des effets variables sur les contractions préexistantes induites par de l’ocytocine » [10].

Il est important de noter que l’administration de feuilles de framboisier ne devrait pas avoir lieu pendant le premier trimestre de la grossesse, en raison du possible risque de fausse-couche.

 

Références

  1. European Medicines Agency. Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Assessment report on Rubus idaeus L., folium. 28 janvier 2014. https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-rubus-idaeus-l-folium_en.pdf.
  2. Felter, H.W., et J.U. Lloyd. « Rubus idaeus (U.S.P.)—Raspberry. » King's American Dispensatory, 1898. https://www.henriettes-herb.com/eclectic/kings/rubus-idae.html.
  3. Felter, H.W., et J.U. Lloyd. « Rubus (U.S.P.)—Rubus. » King's American Dispensatory, 1898. https://www.henriettes-herb.com/eclectic/kings/rubus.html.
  4. Felter et Lloyd. « Rubus (U.S.P.)—Rubus. »
  5. European Medicines Agency. Assessment report on Rubus idaeus L., folium.
  6. Drugs and Lactation Database (LactMed). « Raspberry. » Bethesda: National Library of Medicine, 2006. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK501785/.
  7. Simpson, M., M. Parsons, J. Greenwood, et K. Wade. « Raspberry leaf in pregnancy: Its safety and efficacy in labor. » Journal of Midwifery & Women’s Health, Vol. 46, N° 2 (2001): 51–59.
  8. Parsons, M., M. Simpson, et T. Ponton. « Raspberry leaf and its effect on labour: Safety and efficacy. » Australian College of Midwives Incorporated Journal, Vol. 12, N° 3 (1999): 20–25.
  9. Parsons, Simpson, et Ponton. « Raspberry leaf and its effect on labour. »
  10. Zheng, J., M.J. Pistilli, A.C. Holloway, et D.J. Crankshaw. « The effects of commercial preparations of red raspberry leaf on the contractility of the rat’s uterus in vitro. » Reproductive Sciences, Vol. 17, No. 5 (2010): 494–501.