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Les profonds effets cutanés des probiotiques

Nouvelles avancées scientifiques pour la cosméceutique

Nous savons que les probiotiques peuvent soulager les symptômes d’un inconfort gastro-intestinal (GI). Nous connaissons aussi les effets des probiotiques pour notre immunité et même pour la santé mentale par le biais de l’axe intestin-cerveau. Mais saviez-vous que les probiotiques peuvent également améliorer la santé de la peau ? À présent, nous pouvons mieux comprendre l’axe intestin-cerveau-peau ainsi que les bienfaits des probiotiques pour notre peau.

La peau sert avant tout de barrière pour empêcher l’entrée dans le corps de microbes et de virus. Les autres fonctions importantes de la peau sont le contrôle homéostatique de la température du corps, la réception sensorielle, le maintien de l’équilibre hydrique (la peau empêche la perte d’eau et de liquide extracellulaire), la synthèse de vitamines et d’hormones, et l’absorption de substances topiques. La microflore intestinale semble jouer un rôle crucial dans la prévention de nombreux troubles inflammatoires de la peau.

En effet, la dysbiose intestinale (déséquilibre du microbiote) ou le syndrome de l’intestin perméable peuvent affecter le microbiome cutané et ses fonctions de base. Cela peut contribuer à des troubles dermatologiques courants comme l’acné, le psoriasis, la dermatite atopique (eczéma) et la rosacée [1].

Il existe trois façons d’utiliser les probiotiques pour la santé de la peau :

  1. L’application topique

  2. La prise de suppléments probiotiques

  3. La consommation d’aliments probiotiques

Les produits pour la peau à application topique qui contiennent des probiotiques ne sont pas entièrement nouveaux ; nous avons tous entendu parler du masque au yaourt. Ce qui est nouveau, c’est que des entreprises cosmétiques commencent à commercialiser des produits contenant des probiotiques. Or l’utilisation de probiotiques pour les soins cutanés présente quelques difficultés, notamment la nécessité de les conserver au réfrigérateur, car ils sont sensibles à la chaleur, à la lumière et à l’humidité. En fait, pour qu’un probiotique soit efficace, il doit être vivant. C’est pour cette raison que la plupart des formules de soins cutanés ne contiennent pas de probiotiques, mais incluent en revanche des prébiotiques (des fibres non digestibles qui vont alimenter les bonnes bactéries) comme du xylitol, des fructo-oligosaccharides (FOS), du glucomannane et de l’inuline ; ou un produit postbiotique (sous-produit d’une fonction bactérienne naturelle) comme l’Aqua Posae Filiformis un post-biotique idéal pour la sécheresse cutanée, ou du Lactococcus ferment lysate pour les rides et le rajeunissement de la peau [2][3].

Même si les produits topiques ont montré leur efficacité dans plusieurs essais cliniques, particulièrement ceux impliquant le traitement de l’acné, de la dermatite atopique et de la rosacée [4], il semble encore nécessaire d’approfondir ces recherches afin de démontrer leur efficacité sur de plus larges populations. Aussi, par souci de sûreté, les produits cosmétiques sont censés contenir une faible teneur en micro-organismes (moins de 500 unités formant colonies (UFC)/g pour les produits destinés au contour de l’œil et 1 000 UFC/g pour le reste du visage) [5].

La manière la plus fiable et la plus sûre de bénéficier de suffisamment de probiotiques est de les ingérer. Les aliments fermentés comme le kimchi, le kombucha, la choucroute et le natto peuvent être une bonne approche nutritionnelle. Même si ces aliments sont une source naturelle de nutriments prébiotiques et post-biotiques, les souches de probiotiques présentes dans les aliments peuvent ne pas toutes survivre après avoir été en contact avec l’acide gastrique. Or pour atténuer les symptômes de troubles cutanés, notamment inflammatoires, la dose requise d’UFC de probiotiques est relativement élevée comparée aux quantités présentes dans les aliments fermentés. Dans ce cas, la prise per os d’un supplément probiotique est la meilleure façon d’obtenir la dose nécessaire.

Assurez-vous bien de choisir une formule de probiotiques multisouche délivrée dans des capsules à enrobage entérique lesquelles peuvent sans encombre traverser l’acide gastrique et arriver jusqu’aux intestins, là ou nous en avons besoin.

Les souches de probiotiques sont aujourd’hui classées selon leurs fonctions dans les soins cosmétiques. Voici une liste de probiotiques (topiques et oraux) avec leurs effets associés.

Probiotiques oraux

Lactobacillus plantarum

Améliore les rides, l’élasticité, et l’hydratation de la peau. Prévient le photovieillissement — approprié en été, car il fournit une protection supplémentaire contre les dommages cutanés causés par les rayons ultraviolets [6].

Lactobacillus rhamnosus GG

Réduit l’eczéma chez les nouveau-nés en cas d’administration chez la mère pendant plus de 10 semaines lors de la grossesse. Protège contre les dommages cutanés causés par les UV [7].

Lactobacillus paracasei

Offre des propriétés anti-inflammatoires et aide à renforcer la barrière cutanée afin d’éviter la déshydratation [8].

Lactobacillus johnsonii

Protège contre les dommages cutanés causés par les UV [9].

Lactobacillus fermentum KBL375

Offre des propriétés antioxydantes permettant de protéger la peau des dommages causés par les radicaux libres qui peuvent entraîner des cancers de la peau, des taches brunes et du mélasma. Améliore l’hydratation des peaux extrêmement sèches [10].

Lactococcus lactis

Améliore la guérison, l’hydratation, et l’élasticité de la peau [11].

Bacillus coagulans
(topique et oral)

Lutte contre les radicaux libres et le stress oxydatif qui contribuent au lentigos, aux taches brunes, à l’acné, et aux ridules. Améliore les capacités de la peau à synthétiser les céramides hydratants qui permettent de réduire les rides. Apporte des bienfaits dans le traitement des troubles cutanés inflammatoires comme l’eczéma [12].

Probiotiques topiques

Lactobacillus plantarum

Diminue la quantité et la taille des lésions d’acné ainsi que les rougeurs ; pourrait également réduire les flambées de rosacée [13].

Lactobacillus paracasei

Inhibe la substance P (un neuropeptide qui provoque des douleurs) afin de réguler les inflammations et la production de sébum — offre un intérêt potentiel pour les patients atteints d’acné et de rosacée [14].

Bifidobacterium longum

S’avère bénéfique pour les peaux sensibles ou les peaux très réactives en cas de brûlure ou de piqûre [15].

Enterococcus faecalis SL‑5

Réduit les symptômes de l’acné [16].

Lactococcus sp. HY 449

Excrète un agent antimicrobien qui contrôle les poussées d’acné et prévient l’inflammation ainsi que les éruptions dues à l’acné [17].

Staphylococcus hominis et epidermis

Enrayent la prolifération du Staphylococcus aureus, une souche bactérienne infectieuse qui provoque les symptômes de l’eczéma et des inflammations cutanées [18].

Streptococcus salivarius ou thermophilus

Sécrète une substance inhibitrice de bactéries semblables aux bactériocines (BLIS) qui jouent un rôle prépondérant parmi les bactéries responsables de l’acné. Augmente la quantité de céramides dans la peau pour contrer la déshydratation et les irritations avec des bienfaits observés en cas d’eczéma et de peau sèche et sensible [19].


 

Pour résumer en ce qui concerne les probiotiques pour la santé de la peau, les preuves les plus concrètes se rapportent à l’efficacité et à la sécurité des probiotiques oraux. Quant aux soins cutanés topiques à base de postbiotiques, ils gagnent en reconnaissance et méritent de l’attention. Ayant à l’esprit l’interconnexion entre les microflores des intestins et de la peau, et en prenant soin de notre système gastro-intestinal, il est possible d’améliorer considérablement et durablement la santé de notre peau.

Ky Lo, BA, BSc, ND, LAc

Ky est une praticienne naturopathe qui a obtenu son diplôme au Canadian College of Naturopathic Medicine (CCNM) en 2006. Avec plus de 20 années d’expérience dans le secteur de l’esthétique médicale, elle combine ses connaissances avec une formation naturopathique pour traiter des problèmes esthétiques courants.

naturalcoachathome.care

Références

  1. Bowe, W.P., et A.C. Logan. « Acne vulgaris, probiotics and the gut-brain-skin axis—Back to the future? . » Gut Pathogens, Vol. 3, N° 1 (2011): 1.

  2. Mahe, Y.F., et autres. « A new Vitreoscilla filiformis extract grown on spa water-enriched medium activates endogenous cutaneous antioxidant and antimicrobial defenses through a potential Toll-like receptor 2/protein kinase C, zeta transduction pathway. » Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, Vol. 6 (2013): 191–196.

  3. Puebla-Barragan, S., et G. Reid. « Probiotics in cosmetic and personal care products: Trends and challenges. » Molecules, Vol. 26, N° 5 (2021): 1249.

  4. Griffin, R.L., et autres. « Topical probiotics: The unknowns behind their rising popularity. » Dermatology Online Journal, Vol. 25, N° 5 (2019): 13030/qt2v83r5wk.

  5. Huang, J., et autres. « Microbiological methods for cosmetics. » Chapter 23 in Bacteriological Analytical Manual (BAM). https://www.fda.gov/food/laboratory-methods-food/bacteriological-analytical-manual-bam · Accessed 2021‑02‑19.

  6. Lee, D.E., et autres. « Clinical evidence of effects of Lactobacillus plantarum HY7714 on skin aging: A randomized, double blind, placebo-controlled study. » Journal of Microbiology and Biotechnology, Vol. 25, N° 12 (2015): 2160–2168.

  7. Jung, Y.‑O., et autres. « Lysates of a probiotic, Lactobacillus rhamnosus, can improve skin barrier function in a reconstructed human epidermis model. » International Journal of Molecular Sciences, Vol. 20, N° 17 (2019): 4289.

  8. Philippe, D., S. Blum, et J. Benyacoub. « Oral Lactobacillus paracasei improves skin barrier function recovery and reduces local skin inflammation. » European Journal of Dermatology, Vol. 21, N° 2 (2011): 279–280.

  9. Guéniche, A., et autres. « Probiotics for photoprotection. » DermatoEndocrinology, Vol. 1, N° 5 (2009): 275–279.

  10. Kim, W.‑K., et autres. « Administration of Lactobacillus fermentum KBL375 causes taxonomic and functional changes in gut microbiota leading to improvement of atopic dermatitis. » Frontiers in Molecular Biosciences, Vol. 6 (2019): 92.

  11. Kober, M.‑M., et W.P. Bowe. « The effect of probiotics on immune regulation, acne, and photoaging. » International Journal of Women’s Dermatology, Vol. 1, N° 2 (2015): 85–89.

  12. Kaci, G., et autres. « Anti-inflammatory properties of Streptococcus salivarius, a commensal bacterium of the oral cavity and digestive tract. » Applied and Environmental Microbiology, Vol. 80, N° 3 (2014): 928–934.

  13. Lee et autres. « Clinical evidence of effects of Lactobacillus plantarum HY7714 on skin aging. »

  14. Philippe, Blum, et Benyacoub. « Oral Lactobacillus paracasei improves skin barrier function recovery. »

  15. Guéniche, A., et autres. « Bifidobacterium longum lysate, a new ingredient for reactive skin. » Experimental Dermatology, Vol. 19, N° 8 (2010): e1–e8.

  16. Oh, S., et autres. « Effect of bacteriocin produced by Lactococcus sp. HY 449 on skin-inflammatory bacteria. » Food and Chemical Toxicology, Vol. 44, N° 8 (2006): 1184–1190.

  17. Kang, B.S., et autres. « Antimicrobial activity of enterocins from Enterococcus faecalis SL‑5 against Propionibacterium acnes, the causative agent in acne vulgaris, and its therapeutic effect. » Journal of Microbiology, Vol. 47, N° 1 (2009): 101–109.

  18. Brown, M.M., et A.R. Horswill. « Staphylococcus epidermidis—Skin friend or foe?” PLoS Pathogens, Vol. 16, N° 11 (2020): e1009026.

  19. Kaci et autres. « Anti-inflammatory properties of Streptococcus salivarius. »