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Améliorer le rétablissement d’un traumatisme crânien grâce à l’alimentation


Les traumatismes crâniens (TC) sont définis comme une blessure au cerveau causée
par des forces extérieures. Environ 10 millions de personnes sont victimes d’un TC
chaque année, et les pays à revenus élevés sont là où les TC sont la principale cause
de mortalité et d’invalidité. Les sports de contact, les accidents de véhicules motorisés,
et les chutes sont les principales causes d’un TC au cours d’une vie, résultant en une
multitude de problèmes aux niveaux cognitif, comportemental, physique, et
psychologique.

Après un TC, plusieurs voies cellulaires et moléculaires sont activées, certaines étant
de nature inflammatoires. La neuro-inflammation est l’activation de cellules neuronales
de support relâchant des molécules inflammatoires à travers le cerveau, ce qui peut
être à la fois bénéfique ou néfaste au processus de guérison des tissus endommagés.
La blessure initiale peut comporter des contusions (ecchymoses), des lacérations
(coupures), de l’enflure, et des saignements, pouvant toutes contribuer à la mort des
cellules du cerveau (les neurones). Les effets secondaires causés lorsque le cerveau
tente de s’autoguérir peuvent entrainer du stress oxydatif ainsi que la rupture de la
barrière hématoencéphalique, conduisant à des dommages cellulaires plus importants,
en plus d’une augmentation de la neuro-inflammation. Cette neuro-inflammation
déclenche le système immunitaire afin de réparer les tissus affectés, mais ce procédé
n’est pas bien contrôlé et peut exacerber la blessure, augmentant davantage la mort
cellulaire.

Bien que la plupart des individus ayant souffert d’un TC se rétablissent de façon
spectaculaire en 3 à 6 mois, certaines personnes continuent de vivre des
symptômes chroniques et développent le syndrome postcommotion (SPC). Ces
personnes peuvent manifester une humeur labile et déréglée, en plus de symptômes
physiques tels des maux de tête et des étourdissements. Étant donné la complexité
des cas de TC, il est préférable que le traitement soit supervisé par une équipe de
santé intégrée. Lors de la réhabilitation, un support métabolique s’avère essentiel afin
de maximiser l’efficacité des efforts de réhabilitation, par exemple l’ergothérapie. Deux
nutriments semblent prometteurs en tant que traitement potentiel pour les TC : les
acides gras omégas‑3 et la curcumine.


Acides gras omégas‑3

Notre cerveau est composé à 60 % de gras. Les acides gras essentiels y contribuent
largement, et sont obtenus seulement par l’alimentation. Les acides gras essentiels
incluent les acides gras omégas‑3 et omégas‑6 ; la diète nord-américaine typique
contient largement plus d’omégas‑6 que d’omégas‑3. Les omégas‑6 se retrouvent
dans les produits céréaliers et animaux (spécialement les animaux ayant été nourris
aux céréales) et sont pro‑inflammatoires, ce qui peut exacerber la neuro-inflammation
lors du rétablissement. À l’opposé, les acides gras omégas‑3 sont neuroprotecteurs
et sont essentiels au développement et à la fonction neurologique. Un apport
alimentaire est essentiel pour guérir les dommages et minimiser l’inflammation, et
des recherches ont démontré qu’un patient n’ayant pas été nourri pendant cinq à sept
jours suivant un TC augmente de deux à quatre fois son risque de mortalité. Dans une
étude de cas faite sur un homme adulte qui venait tout juste de subir un TC, 19 g
d’acides gras omégas‑3 (d’huile de poisson) lui ont été administrés chaque jour à l’aide
d’une sonde d’alimentation ; l’étude a démontré des bienfaits positifs. Il a continué ce
dosage pendant un an sans aucun effet secondaire.

Les acides gras omégas‑3 sont davantage concentrés dans les petits poissons, tels
que les anchois. Il en existe deux types : l’acide eicosapentaénoïque (AEP) et l’acide
docosapentaénoïque (ADH). Il a été démontré que les acides gras omégas‑3
réduisent la neuro-inflammation et apportent les éléments nécessaires à la
reconstruction des tissus neuronaux. Lorsque vous achetez du poisson, assurez-vous
qu’il soit sauvage. Lorsque vous choisissez un supplément d’huile de poisson,
assurez-vous que l’huile ait été testée par une tierce partie pour les contaminants, tels
que le mercure. Il est préférable de consommer l’huile de poisson dans les 30 jours
suivant l’ouverture de la bouteille et de la conserver au réfrigérateur afin de prévenir le
rancissement. Les dosages utilisés dans plusieurs études démontrant une réduction
de l’inflammation se situent au-dessus de 6 g par jour, ce qui signifie qu’une
supplémentation serait probablement nécessaire pour atteindre cette posologie en cas
de TC. Un supplément d’huile de poisson typique contient environ 1 g d’acides gras
omégas‑3 par portion.



Curcumine

Un ingrédient commun que l’on retrouve dans le cari, le curcuma (extraite du Curcuma
longa
), démontre d’importants bienfaits neuroprotecteurs. Cet ingrédient a récemment
reçu beaucoup d’attention en raison de ses puissantes propriétés antiinflammatoires,
notamment dans le cadre des traitements possibles pour les maladies chroniques,
incluant la maladie d’Alzheimer. À cause de ces propriétés antiinflammatoires, la
recherche se concentre sur l’efficacité de la curcumine à réduire les marqueurs
post‑TC avec des études menées sur des animaux et des cellules.

Dans une étude menée sur des animaux, la supplémentation en curcumine a réduit le
dommage oxydatif et a contrebalancé la déficience cognitive causée par un TC. Une
seconde étude menée sur des animaux a démontré une réduction des lésions causées
par le TC, en plus d’une amélioration du fonctionnement cognitif. Plus spécifiquement,
l’étude permit de confirmer la réduction de la neuro-inflammation suite à un TC par la
curcumine. Celle-ci réduit en effet la cascade d’inflammation aigüe résultant d’un TC.
D’après ces études, on peut déduire que la curcumine démontre un potentiel
prometteur comme traitement d’appoint pour les individus se rétablissant d’un TC. Il
existe des préoccupations cliniques au niveau de l’absorption de la curcumine, et pour
y remédier, la médecine traditionnelle ayurvédique y ajoute de l’huile (ex. l’huile de noix
de coco) et du poivre afin d’améliorer son absorption. Lorsque vous utilisez un produit
de curcumine, ajoutez-le à de la nourriture contenant du gras, idéalement. Lorsque vous
achetez un supplément, choisissez-en un contenant du poivre et un complexe d’acide
gras, pour une absorption améliorée.
 

 Stéphanie Bayliss, ND

 La Dre Bayliss est docteure en naturopathie et exerce à Victoria,
 en Colombie-Britannique. Elle concentre sa pratique sur les
 maladies chroniques, les conditions neurologiques, et la santé
 mentale.

 www.drstephaniebayliss.com