Millepertuis : Le meilleur de la nature | New Roots Herbal | Produits de Santé Naturels
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Millepertuis : Le meilleur de la nature

Le millepertuis perforé (Hypericum perforatum) est l’une des plantes les plus anciennement utilisées et étudiées ; c’est une vivace portant d’abondantes fleurs jaunes, bien connue pour ses propriétés antidépressives, anxiolytiques, antivirales, antibactériennes, antiinflammatoires, et analgésiques [1]. Son autre nom « d’herbe de la Saint-Jean » lui vient du fait qu’elle fleurit au début de l’été, vers la Saint-Jean, fêtée le 24 juin [2]. Elle est très commune en Europe et en Amérique du Nord. On sait qu’elle était déjà utilisée comme plante médicinale par les Grecs et les Romains au premier siècle de l’ère commune, et plus tard par Paracelse, vers 1500 [2]. À l’époque actuelle, le millepertuis est largement étudié pour ses effets antidépresseurs.

Action

Le millepertuis contient plusieurs types de principes actifs, dont des anthraquinones, des xanthones, des flavonoïdes, des phloroglucinols (p. ex. l’hyperforine), et de l’hypericine [3]. Parmi ces composés, l’hyperforine et l’hypericine expliqueraient principalement ses propriétés médicinales [1].

On ne comprend pas exactement comment le millepertuis agit sur l’humeur, mais des études ont démontré qu’il peut interagir avec divers systèmes de neurotransmetteurs (c’est-à-dire de signalisation) dans le cerveau, ce que Vance et autres décrivent de la façon suivante : « L’extrait de millepertuis agirait en inhibant la capture neuronale de neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la noradrénaline, la dopamine, l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), et le l-glutamate, en modifiant l’expression des récepteurs noradrénergiques et sérotoninergiques, et en inhibant l’activité enzymatique des monoamines oxydases. On pense que l’hyperforine active le canal cationique à potentiel récepteur transitoire non sélectif (TRP6) pour augmenter la teneur intracellulaire en sodium et en calcium, réduisant ainsi la recapture des neurotransmetteurs » [4].

Les données

Plusieurs méta-analyses d’essais cliniques ont révélé que le millepertuis est efficace dans le traitement des dépressions légères à modérées [5][6][7]. Une méta-analyse menée en 2016 et ayant fait la synthèse de 35 essais randomisés contrôlés portant sur 6993 patients a montré que le millepertuis était associé à un meilleur taux de réponse au traitement que les placébos, et que les personnes prenant du millepertuis étaient moins susceptibles d’avoir des effets indésirables, avec une même efficacité entre les traitements de la dépression légère et modérée [5]. Les patients recevant du millepertuis éprouvaient moins d’effets secondaires sur les systèmes gastro-intestinal et neurologique, ainsi que sur l’activité sexuelle et le fonctionnement psychique.

Une revue Cochrane menée en 2008 a analysé les données de 29 essais randomisés contrôlés portant sur 5489 patients ; 18 études comparaient le millepertuis à un placébo, et 17 à un antidépresseur de synthèse standard [6]. L’étude concluait que l’extrait de millepertuis :

  • est meilleur que le placebo pour les patients atteints de dépression grave ;
  • est d’une efficacité similaire aux antidépresseurs
    standards ; et
  • a moins d’effets secondaires que ces derniers [6], ou moins susceptible de provoquer un abandon de l’étude en raison de ces mêmes effets secondaires, ce qui suggère une différence importante dans la tolérance au traitement.

Cochrane étant en général assez prudent dans ses conclusions sur les traitements étudiés, ces résultats méritent d’être soulignés.

Autres propriétés

En plus de ses effets sur la régulation de l’humeur, le millepertuis et ses composants font preuve d’une grande variété de propriétés remarquables, notamment antiinflammatoires, neurologiques, et peut-être même anticancéreuses :

  • Inhibition de l’inflammation en inhibant l’enzyme janus kinase 1 (hypericine) [8] ;
  • Réduction de l’inflammation en diminuant le facteur de nécrose tumorale (qui active la NF-κB) chez les patients atteints de psoriasis, et réduction des zones de psoriasis (en application locale) [9] ;
  • Modulation de la plasticité du cortex cérébral chez l’homme (extrait d’Hypericum WS® 5570) [10] ; et
  • Induction d’apoptose dans des lignées cellulaires de cancers du poumon non à petites cellules, associée à l’activation du facteur de mort mitochondriale (hyperoside) induit par la MAP-K p38 et les JNK [11].

Le millepertuis est aussi utilisé traditionnellement de façon locale pour ses effets antiinflammatoires, antibactériens, et analgésiques, pour divers types de plaies et lésions externes. Le millepertuis est traditionnellement utilisé par voie interne contre les infections urinaires et les infections digestives comme la diarrhée infectieuse, ainsi que contre les traumatismes du système nerveux, y compris les commotions cérébrales [12].

Interactions médicamenteuses

Le millepertuis peut interagir avec un certain nombre de médicaments dont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et d’autres antidépresseurs ; des traitements cardiovasculaires comme la warfarine et la digoxine, des contraceptifs oraux ; des anticonvulsifs, les triptans ; des immunosuppresseurs tels que la cyclosporine, la théophylline, et les inhibiteurs de protéases contre le VIH ; et certains traitements anticancéreux [13][14]. L’hyperforine présente dans le millepertuis serait responsable de ces interactions par l’induction des enzymes CYP450 et de la pompe d’efflux de la p-glycoprotéine [14].

Conclusion

Le millepertuis est une plante utilisée depuis très longtemps et qui bénéficie de solides références scientifiques. Il s’est révélé efficace contre les dépressions légères et modérées. Les données disponibles suggèrent que son efficacité est similaire à celle des antidépresseurs pharmaceutiques. Il a des propriétés supplémentaires, notamment antivirales, antibactériennes, et antiinflammatoires, et peut-être aussi des effets sur la cognition. En raison d’interactions possibles avec de nombreux médicaments, il est préférable de consulter un praticien de soins de santé agréé avant de faire usage du millepertuis, afin de déterminer s’il constitue un traitement approprié.

Références

  1. Galeotti, N. « Hypericum perforatum (St John’s wort) beyond depression: A therapeutic perspective for pain conditions. » Journal of ethnopharmacology Vol. 200 (2017): 136–146.
  2. Pöldinger, W. « [History of St. Johns wort]. » [article en allemand] Praxis, Vol. 89, No. 50 (2000): 2102–2109.
  3. Russo, E., et autres. « Hypericum perforatum: Pharmacokinetic, mechanism of action, tolerability, and clinical drug-drug interactions. » Phytotherapy research, Vol. 28, No. 5 (2014): 643–655.
  4. Vance, K.M., et autres. « St. John’s Wort enhances the synaptic activity of the nucleus of the solitary tract. » Nutrition, Vol. 30, No. 7–8 Suppl. (2014): S37–S42.
  5. Apaydin, E.A., et autres. « A systematic review of St. John’s wort for major depressive disorder. » Systematic reviews, Vol. 5, No. 1 (2016): 148.
  6. Linde, K., M.M. Berner, et L. Kriston. « St John’s wort for major depression. » The Cochrane database of systematic reviews, No. 4 (2008): CD000448.
  7. Ng, Q.X., N. Venkatanarayanan, et C.Y. Ho. « Clinical use of Hypericum perforatum (St John’s wort) in depression: A meta-analysis. » Journal of affective disorders, Vol. 210 (2017): 211–221.
  8. Dellafiora, L., et autres. « On the mechanism of action of anti-inflammatory activity of hypericin: An in silico study pointing to the relevance of janus kinases inhibition. » Molecules, Vol. 23, No. 12 (2018). pii: E3058.
  9. Mansouri, P., et autres. « The impact of topical Saint John’s Wort (Hypericum perforatum) treatment on tissue tumor necrosis factor-alpha levels in plaque-type psoriasis: A pilot study. » Journal of postgraduate medicine, Vol. 63, No. 4 (2017): 215–220.
  10. Concerto, C., et autres. « Hypericum perforatum extract modulates cortical plasticity in humans. » Psychopharmacology, Vol. 235, No. 1 (2018): 145–153.
  11. Yang, Y., et autres. « Effect of hyperoside on the apoptosis of A549 human non‑small cell lung cancer cells and the underlying mechanism. » Molecular medicine reports, Vol. 16, No. 5 (2017): 6483–6488.
  12. Henriette’s herbal homepage. « Hypericum.—St. John’s wort. » King’s American Dispensatory, 1898. · https://www.henriettes-herb.com/eclectic/kings/hypericum.html · Accessed 2019‑01‑30.
  13. Barnes, J., L.A. Anderson, et J.D. Phillipson. « St John’s wort (Hypericum perforatum L.): A review of its chemistry, pharmacology and clinical properties. » The Journal of pharmacy and pharmacology, Vol. 53, No. 5 (2001): 583–600.
  14. Soleymani, S., et autres. « Clinical risks of St John’s Wort (Hypericum perforatum) co-administration. » Expert opinion on drug metabolism & toxicology, Vol. 13, No. 10 (2017): 1047–1062.