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Concerné par une pullulation bactérienne de l’intestin grêle (SIBO) ?


La pullulation bactérienne de l’intestin grêle (en anglais SIBO pour small intestinal bacterial overgrowth) se traduit par une prolifération de bactéries provenant à l’origine du gros intestin où elles y étaient bénéfiques, et qui ont migré dans l’intestin grêle. Malheureusement une fois dans l’intestin grêle ces bactéries peuvent causer de nombreux symptômes parce qu’elles provoquent la fermentation des aliments qui sont consommés, un processus qui a lieu normalement plus loin dans l’intestin, au niveau du colon. Cette fermentation anormale dans l’intestin grêle produit des gaz d’hydrogène et de méthane qui sont principalement à l’origine des symptômes du SIBO. Le SIBO pourrait être la cause de nombreux problèmes digestifs, en particulier du syndrome du côlon irritable (SCI) étant donné qu’il se retrouve dans le tableau clinique de 80 % des personnes souffrant du SCI.

Les symptômes du SIBO peuvent inclure : des ballonnements ou des douleurs abdominales après les repas, des éructations ou des gaz excessifs, des brûlures d’estomac / RGO, une sensation de satiété et une digestion lente, des selles molles ou de la constipation chronique, de la diarrhée, des selles contenant de la graisse, des carences en fer ou B12, et des problèmes cutanés comme de l’acné rosacée. On peut également suspecter un SIBO lorsqu’un régime faible en FODMAP (en anglais : Fermentable Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides, and Polyols) s’avère bénéfique et si la prise de suppléments de probiotiques conventionnels semble aggraver la situation ou ne pas être très efficace. La cause principale d’un SIBO est un dysfonctionnement du complexe moteur migrant (CMM) — une activité électrique et contractile de la motilité digestive qui a lieu durant les périodes interdigestives (entre deux repas) ; mais il y a également d’autres causes comme de l’hypochlorhydrie (faible acidité de l’estomac), l’insuffisance biliaire, une lésion cérébrale traumatique, une sténose / adhésion intestinale ou encore un dysfonctionnement de la valvule iléo-caecale.

Le CMM, lorsqu’il fonctionne correctement, assure le transit des aliments digérés depuis l’intestin grêle jusqu’au gros intestin. En cas d’empoisonnement alimentaire ou de gastro-entérite (maladie inflammatoire du tractus digestif causant des vomissements / de la diarrhée), un affaiblissement du CMM peut se produire. Il a été démontré que chez environ 1 personne sur 5, le CMM ne se rétablit pas après la maladie, ce qui entraîne par la suite un SIBO. Quand le CMM est affaibli, le bol alimentaire met plus de temps à transiter de l’intestin grêle vers le colon. Ce ralentissement permet à des bactéries présentes dans le gros intestin d’entrer dans l’intestin grêle et de le coloniser en se mettant à proliférer. Cette pullulation peut avoir un impact négatif sur le corps, de diverses façons et parmi les troubles pouvant être associés à un SIBO, l’on retrouve : SCI, anémie, perméabilité intestinale, stéatose non-alcoolique, rosacée, cystite interstitielle, hypothyroïdisme, syndrome des jambes sans repos, intolérance à l’histamine et auto‑immunité.

Si un SIBO est suspecté, un test SIBO par l’haleine est recommandé. S’il est positif, l’administration appropriée d’un traitement d’éradication bactérienne est utilisée. Une fois la prolifération traitée, les symptômes digestifs et autres symptômes associés se résolvent, et le tractus digestif peut commencer à se rétablir.

Le test de SIBO par l’haleine nécessite un régime de préparation le jour précédant le test ; l’objectif étant d’affamer les bactéries afin d’obtenir des résultats de test aussi fiables que possible. Ce régime consiste donc en un jeûne d’une nuit après quoi une solution appelée lactulose est ingérée. En cas de SIBO, les bactéries en surnombre qui se nourrissent du lactulose ingéré libèrent davantage de gaz. L’hydrogène et le méthane sont les deux principaux gaz que le test de SIBO par l’haleine peut détecter. Ils sont détectés dans les échantillons d’haleine prélevés au cours des trois heures qui suivent l’ingestion de lactulose et si une hausse de ces gaz est observée, on considère que le résultat est positif.

Le traitement du SIBO comporte deux phases : la première antimicrobienne ou phase d’éradication, suivie d’une phase de rétablissement dont l’objectif et de guérir le microbiome — l’aire biotique de la microflore intestinale — et de prévenir une récidive. La composante nutritionnelle du traitement du SIBO est très importante : il est impératif par exemple de laisser 2,5 à 3 heures entre les repas, afin de permettre au CMM de réaliser un cycle complet de contractions ; il faut également éviter les aliments fermentés comme le kimchi, la choucroute, le kombucha, le yaourt, le miso, etc., car en cas de SIBO, ils contribuent à la pullulation bactérienne dans l’intestin grêle.

Le traitement dépend de la quantité des gaz mesurés et s’établit généralement sur 2–4 semaines avec des antimicrobiens incluant des perturbateurs de biofilm. Ces derniers sont essentiels à la réussite du traitement et peuvent inclure l’un ou l’autre de ces neutraceutiques : l’oxynitrate de bismuth, le DMPS et l’acide alpha-lipoïque (AAL) ou la N-acétylcystéine (NAC) ou encore l’huile de nigelle. Les biofilms sont produits par les bactéries, afin de se défendre et d’échapper aux traitements antimicrobiens. Il est donc essentiel de perturber ces biofilms afin d’assurer l’efficacité des principes actifs antimicrobiens. Les antibiotiques les plus souvent utilisés pour traiter un SIBO sont la rifaximine et la néomycine. D’autres antimicrobiens naturels peuvent être inclus dans le traitement, notamment l’hydraste du Canada, la myrrhe, le thym, l’ail, l’origan, la berbérine et l’argent colloïdal. Il est aussi important d’inclure des probiotiques très spécifiques car les antibiotiques utilisés peuvent tuer les bactéries bénéfiques présentes dans le gros intestin. Ces probiotiques spécifiques doivent uniquement être formulés avec des espèces du genre Bifidobacterium, étant donné que les espèces du genre Lactobacillus peuvent aggraver la prolifération dans l’intestin grêle. Des probiotiques fournissant la levure bénéfique Saccharomyces boulardii peuvent également être utilisés occasionnellement pour le traitement. Il est par ailleurs toujours essentiel d’apporter un soutien au foie pendant un traitement antimicrobien. Cela peut se faire par le biais de plantes et nutraceutiques tels le chardon-Marie, le curcuma, le pissenlit, l’artichaut, l’acide alpha‑lipoique, ou encore la N-acétylcystéine. Dans des cas de SIBO tenace, il peut être nécessaire de se concentrer uniquement sur la perturbation du biofilm pendant une plus longue durée, de façon à détruire cette barrière avant d’utiliser des antimicrobiens.

Une fois l’éradication terminée, des traitements de rétablissement peuvent commencer. Les suppléments à utiliser pour la guérison intestinale peuvent inclure de la ʟ-glutamine, du zinc carnosine ou de la N‑acétylglucosamine. Le CMM doit également être renforcé afin d’éviter une récidive du SIBO. Cela peut se faire en utilisant une molécule pharmaceutique appelée prucalopride, ou bien des solutions naturelles comme du 5-HTP ou du gingembre. Il est également essentiel de remédier à la faible acidité de l’estomac ou à la dysfonction de la partie inférieure de l’œsophage avec de la bétaïne HCI et/ou du ᴅ‑limonène.

Le SIBO est une cause très courante de nombreux problèmes digestifs et de bien d’autres troubles de santé. Si vous pensez souffrir de SIBO, consultez un naturopathe afin d’effectuer un test d’haleine et de bénéficier de son accompagnement éclairé.

Darcie Pawlick, BSc, ND

Elle pratique dans la belle ville de Kimberley, en Colombie-Britannique, et porte un intérêt spécial à la santé féminine, la santé prénatale, et la santé digestive. Elle utilise des conseils sur l’alimentation et le mode de vie, des plantes médicinales, l’acupuncture, et les suppléments nutritionnels pour s’assurer que ses patients reçoivent une approche holistique et basée sur la recherche pour un traitement personnalisé.

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